1. Accueil
  2. /Blog
  3. /Rupture conventionnelle dans la fonction publique : le guide (2026)
Qui a le droit de demander une rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
Combien allez-vous toucher avec l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ?
Comment lancer la procédure de rupture conventionnelle pas à pas ?
Quels sont les pièges à éviter face à votre administration ?
Avez-vous droit au chômage après une rupture conventionnelle dans le public ?
Questions fréquentes sur la démission et la rupture dans le public
Progression0%

7 min courage...

7 min de lecture•16 mars 2026

Rupture conventionnelle dans la fonction publique : le guide (2026).

Fonctionnaire et vous voulez partir ? La rupture conventionnelle existe depuis 2020. Indemnité, procédure, droit au chômage.

#rupture conventionnelle fonctionnaire#rupture conventionnelle fonction publique#demission fonctionnaire
Barry le capybara - chill

Fonctionnaire et vous voulez partir ? La rupture conventionnelle existe depuis 2020. Indemnité, procédure, droit au chômage.

— Barry, ton avocat en hoodie 🦫

<SassyIntro text="Vous êtes fonctionnaire et vous n'en pouvez plus ? Avant 2020, c'était la démission sèche : pas de chèque, pas de chômage. Aujourd'hui, la rupture conventionnelle vous permet de partir avec une indemnité et vos droits à Pôle Emploi. L'administration va traîner des pieds pour vous l'accorder, mais la loi est de votre côté. On va voir comment les faire plier." mood="determined" signature="-- Barry, votre avocat en hoodie" />

Qui a le droit de demander une rupture conventionnelle dans la fonction publique ?

Vous êtes éligible si vous êtes fonctionnaire titulaire, agent contractuel en CDI ou ouvrier de l'État. Les contractuels en CDD et les fonctionnaires stagiaires sont strictement exclus de ce dispositif.

Lancée comme une expérimentation fin 2019, la rupture conventionnelle dans la fonction publique est désormais un droit pérenne. Vous n'avez pas besoin de justifier d'un projet de création d'entreprise ou d'une reconversion pour la demander. C'est un accord amiable de séparation.

Cependant, certaines situations bloquent d'office votre éligibilité. Vous ne pouvez pas signer de rupture conventionnelle si :

  • Vous avez atteint l'âge d'ouverture du droit à une pension de retraite à taux plein.
  • Vous êtes fonctionnaire détaché en tant qu'agent contractuel.
  • Vous êtes en période d'essai (pour les contractuels en CDI).

La base légale qui encadre cette procédure est le Décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019. C'est votre texte de référence. Lisez-le, imprimez-le, maîtrisez-le avant même d'envoyer votre premier courrier aux ressources humaines.

Combien allez-vous toucher avec l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ?

Votre indemnité légale dépend de votre ancienneté. Le minimum garanti va de 1/4 de mois de salaire par année à 4/5 de mois. Le maximum légal est plafonné à 24 mois de salaire.

L'Indemnité Spécifique de Rupture Conventionnelle (ISRC) se négocie entre un plancher et un plafond. L'administration ne peut pas vous proposer moins que le plancher légal, même si elle essaie de vous convaincre du contraire.

Le calcul se base sur votre rémunération brute annuelle perçue lors de l'année civile précédant la rupture. Attention, on exclut de ce calcul les primes et indemnités liées aux frais professionnels, les heures supplémentaires, et les indemnités de jury.

Voici le tableau exact du plancher légal que vous devez exiger :

Ancienneté dans la fonction publiqueIndemnité minimum garantie (plancher légal)
Jusqu'à 10 ans1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté
De 11 à 15 ans2/5 de mois de salaire par année d'ancienneté
De 16 à 20 ans1/2 mois de salaire par année d'ancienneté
De 21 à 24 ans3/5 de mois de salaire par année d'ancienneté

Prenons un cas concret. Vous avez 12 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 2 500 € brut. Pour les 10 premières années : 10 x (2500 x 0,25) = 6 250 €. Pour les 2 années suivantes : 2 x (2500 x 0,40) = 2 000 €. Votre indemnité plancher est de 8 250 €. L'administration n'a pas le droit de vous verser un centime de moins.

<LegalCallout variant="money"> L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée de CSG et de CRDS dans la limite de 2 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit 92 736 € en 2024. Elle est également exonérée d'impôt sur le revenu jusqu'à ce même montant (ou 6 fois votre rémunération annuelle si ce montant est plus avantageux). Vous touchez donc du net. </LegalCallout>

Comment lancer la procédure de rupture conventionnelle pas à pas ?

Vous devez envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à votre hiérarchie. Un entretien obligatoire a lieu 10 à 30 jours plus tard, suivi d'un délai de réflexion et d'un délai de rétractation de 15 jours francs.

L'administration adore jouer la montre. Pour éviter que votre dossier ne se perde sous une pile de parapheurs, respectez cette chronologie à la lettre.

  1. La lettre de demande (Jour 1) : Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au service des ressources humaines de votre direction, avec copie à votre supérieur hiérarchique direct. Précisez clairement que vous demandez une rupture conventionnelle au titre du décret n° 2019-1593. Ne justifiez pas vos raisons personnelles dans ce courrier. Restez factuel.
  2. L'entretien obligatoire (Jour 10 à 30) : L'administration a l'obligation de vous recevoir au minimum 10 jours francs et au maximum 30 jours francs après la réception de votre lettre. Cet entretien fixe le principe de la rupture, la date de départ envisagée, et le montant de l'indemnité.
  3. Le délai de réflexion (Jour 11 à 30) : Vous ne pouvez pas signer la convention le jour de l'entretien. La loi impose un délai de réflexion d'au moins 15 jours francs après ce premier rendez-vous.
  4. La signature et la rétractation (Jour 30+) : Une fois la convention signée, le chronomètre repart. Vous (et l'administration) disposez de 15 jours francs pour vous rétracter. La rétractation doit obligatoirement se faire par LRAR. Si personne ne bronche, la rupture est actée le lendemain de la fin de ce délai.

Pour vérifier les détails administratifs de la procédure selon votre versant de la fonction publique (État, Territoriale, Hospitalière), consultez la fiche officielle Service-Public.fr.

Quels sont les pièges à éviter face à votre administration ?

L'administration n'a aucune obligation d'accepter votre demande. Le plus grand piège est le délai de carence de 6 ans si vous retournez travailler dans la même fonction publique, qui vous oblige à rembourser l'indemnité.

L'administration publique n'est pas une entreprise privée. Elle a ses propres règles budgétaires et ses propres techniques pour vous décourager. Voici les trois murs que vous allez rencontrer, et comment passer au travers.

Le piège du remboursement (la règle des 6 ans)

C'est la faille la plus dangereuse du système. Si vous signez une rupture conventionnelle, vous touchez votre chèque. Mais si vous êtes réembauché dans la même fonction publique dans les 6 ans qui suivent, vous devez rembourser l'intégralité de l'indemnité à l'État.

<LegalCallout variant="trap"> Attention, la loi parle du même *versant* de la fonction publique (loi n° 2019-828). Si vous quittez la Fonction Publique d'État (FPE) et que vous êtes embauché par une mairie (Fonction Publique Territoriale - FPT) deux ans plus tard, vous ne remboursez rien. En revanche, passer d'un ministère à un autre ministère vous obligera à rendre l'argent. </LegalCallout>

Le piège de l'auto-assurance chômage

Pourquoi votre DRH refuse-t-elle souvent la rupture conventionnelle ? Parce que l'administration est "auto-assurée". Dans le privé, c'est l'URSSAF qui collecte les cotisations et France Travail qui paie le chômage. Dans le public, l'employeur ne cotise pas à l'assurance chômage. En cas de rupture conventionnelle, c'est le budget de l'hôpital, de la mairie ou du ministère qui paie directement vos allocations chômage (ARE) chaque mois.

Pour eux, vous voir partir coûte le prix de l'indemnité PLUS deux ans de salaire au chômage. D'après les retours des utilisateurs LeCapybara, 80% des refus viennent de là. La parade : Arrivez à l'entretien avec une promesse d'embauche dans le privé ou un Kbis de création d'entreprise. Prouvez-leur que vous n'allez pas pointer au chômage le lendemain. S'ils savent que vous ne leur coûterez pas d'ARE, ils signeront beaucoup plus facilement.

Le piège du "silence vaut refus"

Si vous envoyez votre demande et que l'administration fait la morte, ce n'est pas une acceptation tacite. Le silence gardé par l'administration vaut refus. Ne les laissez pas jouer la montre. Relancez-les au 31ème jour par écrit. S'ils refusent l'entretien obligatoire prévu par la loi, vous pouvez saisir le tribunal administratif pour vice de procédure, en vous appuyant sur l'article 72 de la Loi n° 2019-828 du 6 août 2019.

Avez-vous droit au chômage après une rupture conventionnelle dans le public ?

Oui, la rupture conventionnelle vous ouvre automatiquement les droits aux allocations chômage (ARE), exactement comme un salarié du privé, à condition d'avoir travaillé au moins 130 jours (6 mois).

C'est le principal avantage de la rupture conventionnelle par rapport à la démission classique. La perte d'emploi est considérée comme involontaire. Vous bénéficiez des mêmes règles de calcul et de la même durée d'indemnisation que n'importe quel salarié.

<LegalCallout variant="info" title="Le saviez-vous ?"> Le délai de carence (les jours où vous ne touchez pas le chômage après votre départ) est calculé en fonction du montant de votre indemnité de rupture conventionnelle qui dépasse le minimum légal. Si vous négociez une grosse indemnité bien au-dessus du plancher, Pôle Emploi/France Travail appliquera un différé d'indemnisation pouvant aller jusqu'à 150 jours. </LegalCallout>

Questions fréquentes sur la démission et la rupture dans le public

Mon employeur peut-il m'imposer une rupture conventionnelle ?

Non. La rupture conventionnelle exige un double consentement. Votre administration ne peut pas vous forcer à signer, ni utiliser cette procédure pour déguiser un licenciement disciplinaire ou contourner les règles d'inaptitude médicale.

Puis-je me faire assister pendant l'entretien ?

Oui. Vous pouvez vous faire accompagner par un représentant syndical de votre choix. C'est fortement conseillé pour rééquilibrer le rapport de force face aux ressources humaines et empêcher la négociation à la baisse de votre indemnité.

Que se passe-t-il si je démissionne au lieu de demander une rupture ?

Si vous démissionnez, vous perdez votre indemnité de départ et vous n'avez pas droit au chômage, sauf démission considérée comme légitime par France Travail (suivi de conjoint, par exemple). Ne démissionnez jamais sous le coup de l'émotion ou de l'épuisement.

L'administration refuse ma demande, quels sont mes recours ?

L'administration a le droit discrétionnaire de refuser une rupture conventionnelle. Vous ne pouvez pas la forcer devant un juge. Votre seule option est de représenter un dossier plus solide quelques mois plus tard, en insistant sur l'absence de coût chômage pour leur budget.

<ActionTicket title="Générez votre lettre de demande de rupture conventionnelle" description="Ne laissez aucune faille juridique à votre DRH. Obtenez un modèle de lettre optimisé avec les bons articles de loi pour forcer l'administration à vous accorder l'entretien obligatoire." href="/demarche/modele-lettre-rupture-conventionnelle-fonctionnaire" ctaLabel="Créer mon document gratuitement" />

Conseil du Capy

Cet article t'a aidé ? N'hésite pas à consulter nos guides pratiques pour aller plus loin, ou à générer directement les documents dont tu as besoin.

🦫
🦫LeCapybara

Passe à l'action

Génère ton document juridique personnalisé

Avocat: 150€

LeCapybara: 0€

Voir tous les litiges→

BLOG-RUPTURE-

Généré en 2 min • Envoi recommandé inclusValide juridiquement

Article publié le 16 mars 2026

Articles similaires

Prime d'activité refusée : comment contester la décision de la CAF

7 min

Erreur médicale : les démarches pour obtenir une indemnisation

9 min